« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux »  (Antoine de St Exupéry)

 

On ne présente plus Michèle Sauberli, car sa réputation va bien au-delà de notre région. D’où nous vient, d’ailleurs cette impression de la connaître depuis toujours ?

C’est sans doute parce qu’elle peint depuis son enfance. Quand elle avait 8 ans, son professeur d’art, Mademoiselle S. Lods, ne se lassait pas de répéter qu’elle n’avait rien à lui apprendre !

Mais depuis sa première exposition à l’âge de 13 ans, au Grenier des Halles à Montbéliard (où déjà son talent lui a fait obtenir le 1er prix des mains de Jouffroy), jusqu’à la Marianne réalisée en l’an 2000, suite à une commande de la Mairie de Bart ; le portrait de Georges Cuvier acheté par le Musée de Montbéliard et son fameux Ptérodactyle. Sans compter les affiches de sport, tennis, skateboard, olympiades, etc. notre artiste Montbéliardaise a fait bien du chemin. Après des études classiques aux Beaux Arts de Besançon, ancienne élève de Georges Oudot pendant 5 années, elle a exercé le métier de professeur d’Arts Plastiques, tout en se consacrant à la peinture.

 

Depuis, elle multiplie les expositions et ne cesse de peindre et de tenter de nouvelles expériences, tout en se dégageant de toute influence, pour être elle-même.

On la connaît surtout pour ses fleurs lumineuses peintes en gros plan sur des grands formats qui vous entraînent dans un tourbillon de couleurs et d’émotions, et vous touchent en plein cœur.

Mais elle a peint aussi, avec la même énergie et la même rage de vivre, l’eau, le feu et plus récemment les attentats du 11 septembre 2001 ; avec en hommage un portrait de Massoud.

Car Michèle Sauberli est profondément touchée par tout ce qui se passe autour d’elle et dans le monde. Aussi quelqu’un a-t-il très justement écrit qu’elle transforme ses insomnies en peintures. C’est sans doute pourquoi il y a tant de force, de fougue, d’impétuosité, mais aussi de passion et de générosité dans ses œuvres. « C’est une artiste qui peint avec ses tripes » (N. de l’A.) 

 

Son tempérament volcanique la pousse à travailler dans l’urgence, et sa personnalité tourmentée l’oblige à aller toujours de l’avant, d’où le point commun de toutes ses œuvres : le mouvement. Nul ne peut rester indifférent à cette peinture qui exprime un cri : « Cri de colère, de révolte, de douleur, d’admiration ou de joie, mais toujours cri de vie » (Mme P. Eglin - Directrice de la Bibliothèque Médiathèque de Montbéliard).  

 

Après une quarantaine d’expositions qui l’ont conduit dans les galeries parisiennes, ainsi qu’à Marseille, Strasbourg, Aix en Provence, Nancy, Saint Nazaire, Lausanne, Bâle, et j’en passe ; c’est à Montbéliard, invitée par le Conseil Général du Doubs, qu’elle a choisi de présenter son travail.

 

Ses rencontres, 15 ans auparavant avec le calligraphe Hassan Massoudy à Paris, et plus tard son admiration pour les idéogrammes chinois, son travail avec Xichan Sun ; un voyage en Chine dans les grandes capitales et un arrêt dans le quartier des calligraphes à Xian ont fait prendre un autre tournant à sa peinture.

En effet, lors de sa dernière exposition intitulée « l’Esprit et le Rythme », pas moins de 25 toiles dont quelques grandes pièces et un quadriptyque viennent tuer son nouvel espace pictural.

Enfin une palette revisitée en profondeur. Car de Sauberli on identifiera immédiatement le geste. Un dessin fortement influencé de la calligraphie arabe, de son maître et ami Hassan Massoudy, doublé d’une palette qui va à l’essentiel et à une certaine épure de la couleur ; elle ne touche pratiquement plus que les 3 couleurs primaires. La Tragédie d’une mise à mort.

« J’ai enfin trouvé ce que je cherche, affirme-t-elle néanmoins, la calligraphie dans la peinture »

L’artiste semble en effet plus en paix intérieure et cette épure dans le geste et cette économie de la couleur laissent éclater le propos. Particulièrement dans les petits formats, où l’essence même de la peinture semble plus concentrée, plus resserrée. Aussi, curieusement, comme mise en transparence. De cette gestuelle, l’artiste en a construit un univers désormais personnel avec ses correspondances, comme autant de repères et de citations mises en référence : «  La fusion entre la calligraphie arabe et les idéogrammes chinois m’ont ouvert les portes de la peinture abstraite » (Michèle Sauberli) ; « Michèle Sauberli en décline une sorte d’opéra tragique dans les tons de noir et de rouge, une sorte de mise à mort de la couleur qui n’est pas sans évoquer la tragédie classique et codée d’une sorte de corrida plastique » (Alain Roy - Le Pays) ; « Qu’elle peigne avec joie ou dans la souffrance, chaque œuvre est une victoire. Et les batailles qu’elle livre la placent au rang des artistes de grand tempérament »  (P. Wauters - L’Est Républicain)